Un art martial équestre : LE YOSEIKAN BAJUTSU.
Depuis plusieurs années déjà , on parle beaucoup en Belgique du YOSEIKAN BAJUTSU et pour cause puisque le responsable mondial actuel ( un belge) de cette discipline n'est autre que Stany LEDIEU.
La Ba-jutsu désignait au Japon l'art de l'équitation militaire pratiquée sur terre ferme ( Suei-Bajutsu ) ou dans l'eau ( Sui-Bajutsu ).
Le Yoseikan Bajutsu inspiré des méthodes de combat des samouraïs regroupe un ensemble de techniques variées tel que le tir à l'arc à cheval, le lancer de javlot (lance), les combats au sabre, le maniement du tanto ( poignard ), du bâton et du naginata, le travail des chutes, les techniques de monte, le dressage, de la voltigeen ligne, le travail avec fantassins, le travail à mains nues avec fantassins ou entre cavaliers, le saut d'obstacles, l'étude des katas, les esquives, les dégagements....
Que dire du cheval japonais ?
L'équitation aurait pris naissance en Asie centrale bien avant notre ère et les Mongols seraient les premiers hommes à chevaucher cette noble monture qu'est le cheval.
Ailleurs, le cheval de guerre domestiqué ne servait qu'à la traction de chars légers, mais on ne le montait pas.
L'harnachement du cheval ( la selle, le mors et ensuite l'étrier) ne fut inventés que bien plus tard du IIIè à Vè siècle après JC. Ensuite , bien après le joug du boeuf, le collier ( vers 900 après JC)apparu et permit d'atteler les chevaux sans les étrangler.
Le mors et l'étrier ont permis de changer tout dans l'équitation, puisque, on put diriger, conduire avec une certaine maîtrise sa monture. On put se lever sur les étriers, amortir le galop et mieux tirer à l'arc ou avec une arme à feu, et encore, pivoter en tournant le buste ce qui permit de tirer en arrière ou de combattre au sabre.
Les mongols, cavaliers redoutables montaient des chevaux demi-sauvages, sans selle, sans mors, ils utilisaient une simple lanière de cuir passée autour de la gorge du cheval.
Au Japon, le cheval ne prit de l'importance que vers le Vè - VIè siècle, le sang mongol coulant en partie dans tout Japonais, il fut normal que tout militaire possédant un cheval soit passionné par l'art de l'équitation militaire. Le cheval japonais était comme le cheval mongol, chinois ou coréen, un poney robuste mais petit ( les cavaliers touchaient pratiquement le sol avec les pieds ). Pour pouvoir monter ce poney laineux en hiver, résistant mais de caractère difficile être un excellent cavalier sur le champ de bataille.
Les chevaux tenaient une place de choix . Les grandes familles, clans de Samourai ( Uji) réalisaient des élevages tout en gardant chacun leurs secrets. Ceux du clan Nambu étaient renommés dans tout le Japon.
Quels sont ces techniques de combat à cheval ?
Il existait des écoles spécialisées tant pour la stratégie à cheval que pour la technique de combat individuelle. L'art du Ba-Jutsu comprenant tout ce qu'un militaire japonais, chinois ou occidental devait de connaître c-à-d une parfaite maîtrise du cheval, une bonne entente avec sa monture, le saut d'obstacles, comportements dans les traversées des rivières très nombreuses au Japon, plongeon du cheval de grandes hauteurs, fortification des reins pournrésister de longues heures à cheval tout en conservant une assise solide pour pouvoir combattre.
Une différence cependant c'est que le japonais montait par la droite du cheval en mettant le poids de son corps en arrière, alors qu'en Europe on montait par la gauche avec le pied gauche, le corps vers l'avant, plié en montant en selle.
La selle japonaise ?
La selle était en bois, avec des rebords avant et arrière.
Le cheval ( pour le champ de bataille ) était protégé ( sauf les jambes ) par une armure légère en cuir avec des plaques de métal et un chanfrein en métal.
Le samouraï tenait une rêne dans chaque main et les accrochait à un anneau de son armure pour combattre, il conduisait sa monture avec les genoux et en se penchant dans la direction où il voulait aller, effectuant aionsi des zigzags tout en se dirigeant vers l'ennemi afin d'éviter les flèches tout en lançant les siennes.
Les étriers ( ils y entraient les pieds en entier) étaient fixés à la selle, faconnés de manière à permettre à l'eau de s'écouler puisqu'ils devaient traverser de nombreuses rivières , des torents ... au cours des combats .
Pour approcher l'ennemi en silence, ils enroulaient le mors de toile, en mettant les naseaux dans un sac spécial afin d'empêcher le cheval de hennir.
Il va s'en dire que le dressage de ces chevaux était extrêment important pour qu'il puissent franchir les gués, sauter des berges et même des falaises, se coucher ... Ces entraînements se faisaient autour des Dojos des Uji ( certains clans ou familles pouvaient compter des dizaines de milliers de samouraïs, forteresse, casernes, des étangs articifiels pour permettre l'entraînement des chevaux dans l'eau de même que pour la natation en armure ).
Les japonais, comme les mongols et plus que les chinois étaient extrêment habiles en acrobaties et cascades à cheval; acrobaties facilitées par la petitesse du cheval asiatique ainsi que par des selles munies de prises.
Comment évolua le BaJutsu du Japon vers chez nous ?
A la fin de la période où la caste des Samuraïs fut dissoute et leport du sabre interdit (1876), on comptait encore plus de 50 écoles de Ba-Jutsu au Japon, dont la plus ancienne datant du XVè siècle était l'école Otsubo-Ryu.
A la fin des années 1980, le maître japonais Hiroo Mochizuki ( 8è dan Jiu-Jutsu, 8è dan Aikido, 7è dan Karaté et ce n'est pas tout ...) fondateur de l'école Yoseikan, a renoué avec la tradition et remis ainsi au goût du jour l'art martiel : Bajutsu.
Au début des années 1990, le maître Mochizuki délégua la responsabilité du Bajutsu à Stany LEDIEU (4è dan ).
Depuis 1998, Stany LEDIEU est nommé directeur technique mondial. Aidé par ses assistants ainsi que Valérie HINCOURT ( pour le dressage spécifique ) il développa la discipline dans pas moins de 10 pays depuis 1992.
Depuis 1994, le Yoseikan Bajutsu est reconnu par la Fédération belge d'équitation et celle-ci délivre les brevets spécifiques dans cette disicpline.
Voici quelques photos de cette discipline :
Le tir à l'arc à deux ( sur un cheval )
Combat à mains nues.
Le Bajutsu mêle également les armes et le saut d'obstacles.
Le Yoseikan Bajutsu et la compétition ?
En 2002, un championnat de Belgique sera disputé sur plusieurs manches ( voir nos annonces ).
Il existe un Bajutsu "Spécial Police" .
A côté du Bajutsu traditionnel ( martial ) il existe un système plus
fonctionnel développé par Stany LEDIEU : Ancien membre de la police judiciaire
belge, il connaît l'utilité du cheval dans le cadre des polices montées.
Si les techniques s'inspirent de l'art martial traditionnel, il n'est certes pas demander de tirer à l'arc ou de lancer le javelot. Quant au bâton de police, le mode d'utilisation s'apparente au sabre, il est laissé de côté pour faire place à un ensemble de techniques à mains nues en utilisant le cheval non pas comme moyen mais comme partenaire de travail .
( Sources : Equipages et sillon belge )
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