le buveur du ventLe pur sang arabe 

    Les origines de ce cheval paraissent bien obscures et sont entourées de bien des légendes et paraissent  même sortir tout droit d'un conte où s'allient à la fois le mystérieux et l'histoire.           

 Son nom lui vient de sa provenance à savoir la péninsule arabique. Son apparition s'est vraisemblement faite vers l'an 150 de notre ère amené par des chameliers venu de Mésopoptamie.          

Le cheval arabe fut élevé durement avec les  conditions de vie que lui imposèrent les Bédouins ( nourriture peu abondante : des dattes principalement et du lait de chamelle). De plus les Bédouins faisant de nombreux voyages lointains ( sous un soleil brûlant, des nuits glaciales, faisaient la guerre et allaient à la chasse) et bon nombres de jeunes ne résistaient pas à cette vie trop rude, seul les meilleures juments  étaient utilisées comme poulinière. C'est de cette manière que les Bédouins façonnèrent ce cheval appelé " Fils du Vent" d'une noblesse et d'une rusticité extraordinaire.

    Comment ce cheval fut-il connu en Europe?

       Cela remonte à très, très loin, lorsque les musulmans ont envahi la France en l'an 732 sous Charles Martel. Les Barons européens de l'époque découvrant ce cheval en capturèrent plusieurs étalons sur le champs de bataille afin de les mettre à l'élevage.

    Et oui , aussi surprenant que cela puisse être, ces braves destriers arabes rencontrairent par l'intermédiaire des Abbayes d'Orval et de Saint-Hubert des juments ardennaises.

   L'élevage du pur sang arabe s'implanta en Afrique du Nord, en Egypte, en Espagne et également en Sicile.

   En Espagne, il fut croisé avec le cheval ibérique, mais sa popularité s'effaça devant la gloire du cheval ibérique.

   En Afrique, il donna naissance à l'Anglo-Barbe.

   Quels sont ses critères ?

   Les Bédouins étaient surtout attirés par la beauté de sa tête très caractéristique, le front bombé, le chamfrein concave se terminant par un petit renflement au-dessus des nasaux larges et mobiles. Les ganaches sont séparées par un grand espace ( signe d'une grande capacité respiratoire : permettant une grande entrée d'air). Une petite bouche, de petites oreilles très mobiles, une crinière et un toupet longs. Quant à son oeil très expressif, immense montrant un regard intelligent, les cils sont longs. Son encolure est longue, une ossature dense, une peau fine et une queue en panache.

Sa couleur: le plus souvent les robes sont grises, mais peuvent également être baies et alezanes.

Les Arabes ont répartis leurs chevaux en 3 catégories:

   1) le MOUNIQI : c'est le plus grand cheval du désert élevé surtout pour les courses et est de couleur bai.

   2) le SAQLAOUI : quant à lui, c'est le cheval noble, aristocratique d'une ossature très fine et le plus souvent gris.

   3) le KOUHAYLAN : c'est le cheval de guerre car il est très résistant, de couleur bai, alezan ou gris.

Qu'est ce qu'un cheval arabe " ASIL" ?

   ASIL vient du nom de la branche de palmier que l'on plante en terre afin qu'elle produise un nouvel arbre.

  C'est donc un cheval ( élite) pur et noble.

Par la suite au temps des croisades, notre cheval arabe refit son entrée en Europe car bon nombre de seigneurs revenaient d'Orient avec des étalons pour les mettre à l'élevage. Ce fut ensuite Napoléon qui lors de sa campagne en Egypte fut séduit par ces montures en fit importer en France afin de démarrer un élevage dans les haras impériaux qu'il créa en 1806.

Depuis le cheval arabe est réparti dans le monde entier aussi bien en Europe, en Afrique qu'aux Etats Unis.

Alphonse de Lamartine (1790-1869) homme politique et grand écrivain romantique célébra " ce buveur du vent" , il écrivit  dans son ouvrage "Voyage en Orient" édité en 1835 au sujet du pur-sang arabe notamment ce qui suit :

" Il faut voir ce fier et noble animal à la porte de la tente des Arabes du désert, la tête entre les jambes, secouant sa longue crinière noire, comme un parasol mobile, balayant ses flancs polis comme du cuivre ou comme de l'rgent avec le fouet tournant de sa queue dont l'extrémité est toujours teintée de pourpre avec le henné. Il faut le voir vêtu de ses housses éclatantes relevées d'or et de broderies de perles, la tête couverte d'un réseau de soie blanc et rouge, tissé d'or ou d'argent, avec des aiguillettes sonores et flottantes qui tombent de son front sur ses nasaux et dont il voile et dévoile tour à tout chaque ondulation de son cou, le globe enflammé, immense, intelligent doux et fier de son oeil à fleur de tête. C'est une chose incroyable que la mobilité et la transparence de la physionomie de ces chevaux quand on n'en a pas été témoin. Toutes leurs pensées se peignent dans leurs yeux et dans le mouvement convulsif de leur joues, de leurs lèvres et de leurs naseaux avec autant d'évidence, avec autant de caractère et de mobilité que les impressions de l'âme sur le visage d'un enfant ".

Ce cheval se distingue bien sûr dans bon nombre de disciplines équestres, mais surtout dans les courses au galop et  l'endurance.